Cannabis, éducation d’une naïve !

Cultivars de cannabis – image de Merryjane.com

Le cannabis, vu par la naïve que je suis !

Comme Dr Gauthier m’a proposé, en tant que synergologue, de participer à une étude clinique sur le cannabis thérapeutique,  je suis allée à Toronto, la semaine dernière, assister à deux jours de conférences d’information sur le cannabis thérapeutique. L’assemblée était majoritairement composée de médecins praticiens et chercheurs, ainsi que de quelques pharmaciens et infirmières. Je pense que j’étais la personne la plus naïve de l’assistance, n’ayant aucune connaissance pratique, théorique ni médicale sur le cannabis !

Comme le cannabis devrait être légalisé d’ici quelques mois, voici les faits intéressants que j’ai retenus, en commençant par les recommandations.

Les recommandations

Dans les recommandations pour rester en santé et préserver celle des autres :

  • Ne pas prendre le volant dans les 6h qui suivent une prise de cannabis (THC ou CBD).
  • Ne pas consommer d’alcool en même temps que du cannabis car l’alcool inhibe la sensation des effets du cannabis, alors qu’ils sont actifs! Les effets sont entre autres la diminution des réflexes et de l’évaluation du danger. Le nombre de décès routier pour lequel ce cocktail était en cause a significativement augmenté, dans les états américains qui ont légalisé le cannabis.
  • La consommation de cannabis avant et pendant la grossesse, influe sur la taille du bébé et le terme de la grossesse. Les bébés sont plus petits à la naissance.
  • Le THC est à proscrire pour les personnes qui pensent avoir un problème de santé mentale, ou dont des personnes de la famille proche ont un problème de santé mental.

Notions de cannabis 101

  • les terpènes
    publié par www.azmedtest.com

    Il existe plus de 250 cultivars de cannabis, et on retrouve une centaine de terpènes présente dans le cannabis ! Ceci explique pourquoi d’un cultivar à l’autre les effets sont différents. La chromatographie en phase gazeuse permet d’avoir un la « carte d »identité » du produit et ainsi de faire un choix éclairé.

  • Les terpènes sont ces huiles qui donnent le gout et l’odeur d’une plante, mais aussi, qui au contact des récepteurs de cannabinoïdes (CB1 et CB2), contribuent à créer un effet (relaxant musculaire, euphorisant, ..).
  • Ernest Small , érudit en la matière depuis plus de 30 ans, nous expliquait que les producteurs mettent en avant certains cultivars comme l’Indica ou le Setivia, mais qu’il y a actuellement un tel mélange, qu’il est préférable de porter notre attention la composition chimique (terpènes) pour connaitre les effets du produit que l’on consomme, et sur le ratio THC et CBD.

Mes découvertes

Ce qui m’a surpris :

  • La chaleur altère une partie des principes actifs, raison de plus pour ne pas fumer 😉
  • Le corps humain, ainsi que les animaux et même certaines plantes unicellulaires ont un nombre important de récepteurs de cannabinoïdes . Le corps en génère naturellement et l’acupuncture peut aider à en réguler le niveau (stimuler ou diminuer).
  • Le besoin criant d’études scientifiques a été souligné par tous les chercheurs qui ont pris la parole. Les médecins n’ont pas de ligne directrice claire sur la posologie à prescrire par exemple, faute de données scientifiques.
  • Plusieurs chercheurs cliniciens ont attesté des résultats surprenants dans des cas complexes comme une personne qui souffrait depuis 11 ans d’une plaie infectée et dont 80% a été guéri en 140 jours grâce à des applications d’huile; ou pour aider des patients à sortir d’une addiction aux opioïdes ou aux antidépresseurs.
  • J’ai posé à chaque producteur-exposant la question suivante « en quoi vos produits se différencient-ils des autres ? » Seulement trois producteurs ont mis en avant la qualité des tests de qualité et l’effort de non contamination de leurs produits ! Plusieurs ont avancé des arguments marketing (charte de couleur des comprimés, emballage des plants vivants) ou le mode d’utilisation choisi (vapoteuse, compte gouttes ..).
  • Les normes d’étiquetage sont encore en discussion.
  • La chromatographie en phase gazeuse n’est pas systématiquement obligatoire, pourtant elle permettrait d’avoir une cartographie précise de ce que contient le produit.